Dériveurs intégraux, why not ?
Bonjour à tous,
Un client qui construit actuellement un dériveur de 45' suivant mes plans, s'est étonné de trouver très peu de renseignements sur internet concernant ce type de bateau de grand voyage. Il m'a conseillé d'écrire quelque chose la dessus, ce que j'ai fait. Certains d'entre vous déjà propriétaires ou en réflexion, y trouveront peut être des réponses à leurs questions.
Bonne lecture.
Jean-François ANDRE
Bonjour
Un grand bravo pour toute cette nourriture nautique !
Il y avait sans doute de l'info à trouver sur les dériveurs mais elle était dispatchée, parcellaire.
En somme vous nous proposez un condensé qui fait le tour de la question, avec précision et pédagogie.
Merci.
je rajoute:
Pour bon nombre de propriétaires de dériveur, dont je fais parti, c'est la nécessité qui a imposé ce choix.
Dans mon cas précis, il s'agissait de pourvoir emmener un voilier de 10m jusqu'à Rennes, car de toute manière, vu mon budget d'achat, une rénovation devait avoir lieu. Le choix du quillard était exclu.
Cela dépend du programme, si comme moi le but est de privilégier le voyage la découverte, aller ou d'autre ne vont pas, alors incontestablement le dériveur est plus qu'un atout mais un mode de voyage. pour ma part je fais du voyallier, contraction de voyage et de voilier. Sur un feeling 36.
bonjour ,propriétaire d'un DI depuis de nombreuses années je suis très heureux d'avoir pu vous lire ...ce qui me conforte , si besoin ,dans mon choix ;bon vent .
Il faut avoir vécu du temps musclé pour se rendre compte du confort incroyable apporté par un DI.
Mais je peux comprendre que l'on préfère un bateau plus pointu pour le plaisir de la voile si on est régatier.
Ayant moi-même eu des dériveurs lestés (Mousquetaire,cap Horn, gibsea 105 et actuellement Hood 38)
Et aussi un Iroquois cata dériveur intégral, je partage vos avis dans votre document sauf :
Le conseil de faire tourner le moteur pendant l'échouage sur une plage exposé au risque de faire passer du sable dans le circuit de refroidissement car la crépine va être très près du fond.
C'est quelque chose que j'ai toujours évité quitte à aller porter l'ancre à pied.
Je préfère poser l'ancre arrière à la volée jusqu'à poser sur l'erreur moteur éteint puis porter l'ancre avant.
Mais jamais sur une plage ouverte sur le large, trop risqué à mon avis.
JF André expose très bien, et c'est vécu, tout ce qu'il faut savoir sur les Dériveurs de voyage. Gilbert Caroff l'avait bien fait aussi autrefois (cf copie de son site).
La plaque mobile fermant le puit est une solution intéressante, l'autre étant les lèvres souples.
Pour un DI le surpoids de lest entraine hélas une augmentation sensible du volume d'eau déplacé.
Mais dans l'ensemble un BON DI peut être un bon bateau de voyage.
En temps dégradé le dérapage voulu par relevé de la dérive n'est pas intuitif pour un voileux habitué au quillard et qui n'aurait jamais fait de vrai petit dériveur.
Chaque échouage demande réflexion. Le plus gros avantage d'un DI est de pouvoir accéder à des sites interdits à de plus grands tirants d'eau.
Très beau document, merci.
Vous répondez de façon claire à la problématique de la norme STIX, si elle était appliquée aux dériveurs antérieurs à la norme.
Vous semblez penser que la sévérité est allée trop loin, ce qui est compréhensible au regard d'excellents dériveurs qui tournent autour du monde depuis 40 ans, sans accidents majeurs.
J'ai d'ailleurs fait le tour d'un de vos magnifiques plans, échoué en Bretagne Nord en 2023.
J'ai constaté, comme on le voit sur la photo, qu'il est plus proche d'un dériveur lesté que d'un dériveur intégral.
Le bateau est posé sur un embryon long et large, sans béquilles, mais la coque est totalement dégagée du sol d'environ 40 cm.
J'imagine que ça permet su surbaisser un peu le moteur et que tout le lest est dans cet embryon. Logique, vu les difficultés posées par le STIX !
Je suis un grand partisan de cette solution hybride entre le DI pur à la sole plate et au lest intérieur, et au dériveur lesté traditionnel, qui nécessite des béquilles.
On a l'avantage des deux formules, sans les inconvénients.
La série des Trismus a été précurseur dans ce domaine, je crois.
Autre configuration ici sur un Trisbal 36 alu, donc l'embryon de quille est moins saillant que le Boréal du dessus. J'ai une nette préférence pour celui du Boréal, qui dégage la coque (et le lest est plus bas).
Même ici, ça n'empêche pas que tout ne se passe pas comme prévu !
Photo d'un Boréal 47 et un Cordova 40..
vous omettez un type de dériveur construits à des centaines d'exemplaire depuis le début des années 80; le quille relevable avec fond lesté et quille lourde, en polyester.
La largeur est comparable aux autres voiliers de l'époque, ainsi que le lest.
merci pour ce travail partagé!
Petit hors sujet, réponse pas obligée, je ne me vexerai pas haha.
Toujours en recherche du bon compromis ( stabilité, performance, tirant d'eau/échouage etc...) me suis toujours demandé pourquoi ( peut-être cela existe t'il ?) on ne construisait pas des tri-quilles ? à l'instar des biquilles, les trois à faible profondeur égale ( les deux latérales oblique of course); deux safrans en prolongement des latérales et l'hélice en prolongement de la centrale.
Pas très clair peut-être mon histoire :) et probablement absurde ?
Intéressant document. Nous avons un DI depuis dix ans, pour un bateau de voyage je ne repasserai pas au quillard.
Petite indication tres humble : vous n'avez pas cité, dans les types de safran, le systeme coulissant present notamment sur les oxygènes et notre fruit de mer. Ce systeme a pour enorme defaut de rendre la barre très dure, defaut corrigé par l'ancien propriétaire de notre voilier en faisant ajouter une grosse compensation en bas du safran. Du coup ledit safran ne coullisse pratiquement plus et le bateau se pose sur la compensation.
Merci Jean François pour cette synthèse bien explicative...amicalement Pierre