Assurer la relève: parmi vous, qui l'a fait?

Je me lance à l'eau après avoir été interpellé par un post récent au sujet du Salon.
Qui parmi vous a formé et à eu la chance de voir sa progéniture (ou d'autres) continuer la voile habitable après avoir quitté le nid familial ?

Partant de l'hypothèse que de moins en moins de jeunes font/feront l'effort de s'astreindre à une formation en école de voile, est-ce qu'on est voileux de père/mère en fils/fille ou l'avenir est-il au "coaching marin" tel que développé par la FFV ?
coachplaisance.ffvoile.fr[...]/

Quel futur: biberonnage familial ou immédiateté formatrice suite à une acquisition récente.
Si possible, on évite le sempiternel débat de la nécessite ou pas du permis.

L'équipage
4h

Ni l'un ni l'autre : ni de père en fils, ni de coaching personnalisé. Juste HEO, le bateau des autres (regates, convoyages, club aussi) et apprendre sur le tas.

Peut-être l'opposition binaire que tu proposes - papa vs coach - ne couvre pas la diversité des démarches individuelles, qui sont souvent aussi des panachages de diverses expériences.


Fabien83:Idem pour moi. Quand j'étais près de la montagne, j'ai appris en faisant et pareil maintenant que je suis près de la mer. Je ne suis un cador dans aucun de ces deux domaines mais je ne prendrais aucun plaisir à être accompagné d'un formateur quel qu'il soit.·le 30 nov. 10:26
PierMi:@tdm2023: Je conçois que la venue à la voile puisse être comme une construction et quelques fois une révélation. Mais dans l'opposition binaire que j'ai choisi, la vraie question est celle de la "transmission du virus en famille" et donc accessoirement de la connaissance. Je ne parle pas de la démarche mais plutôt de ce qui l'a déclenchée. Est-ce qu'en tant que parent naviguant, j'ai eu le souci de transmettre? Avec quels résultats?·le 30 nov. 11:19

Pour ma part, j'ai toujours navigué en famille (5 enfants+chien), partant en croisière (côtière) pour un mois et demi. Maintenant, mes enfants sont adultes, et reviennent naviguer dès qu'ils peuvent. Mon fils est marin de commerce (sur câblier) et il navigue en plaisance avec ses trois enfants sur un Baroudeur. Bref, nous avons transmis le flambeau!


PierMi:@Lancelot0: donc tu es parvenu à transmettre. C'est chouette.·le 30 nov. 11:20

Je ne comprends pas la question du fil. En quoi la formation ou l'absence de formation rentrerait en ligne de compte dans le fait que les jeunes générations se mettent ou non à la voile habitable ?
Il s'agit de barrer un bateau, pas de piloter un Airbus...

Les questions de coût, de temps libre à passer à travailler sur le bateau et d'obtention d'une place de port par exemple me semblent plus autrement prépondérantes.


PierMi:La formation n'est pas ici en question. La question est de savoir si le "virus a été inoculé" en famille ou pas.·le 30 nov. 11:11

Je ne suis pas sûr que l'approche "faire l'effort de s'astreindre" génère beaucoup de vocations.


PierMi:Oui d'accord avec ça. Mais je crois que l'éducation marine ne relève pas de la vocation/révélation. Je me demande simplement dans quelle mesure un parent naviguant parvient à faire "percoler" la passion ou simplement ces petits moments volés à l'éternité qu'on ressent à être sur l'eau.·le 30 nov. 11:23

Bah, si on intéressé par cette activité je ne pense pas qu'apprendre soit un véritable effort, ce serait plutôt un plaisir, d'autant que l'apprentissage de la voile n'a rien de très compliqué si on est doté de quelques neurones connectés, d'un minimum de sens pratique, ainsi que des capacités physiques adaptées, rien de plus.


PierMi:Oui, d'accord, mais est-ce que tu as cherché à transmettre ce plaisir et si oui, avec quels résultats? Ma question va au-delà du simple aspect technique de la capacité de maîtrise, elle vise, disons, la sensation de bonheur d'être sur l'eau. L'éducation plutôt que l'enseignement en quelque sorte. ·le 30 nov. 11:34
BWV 1068:Non, je n'ai jamais cherché à transmettre une passion quel qu'elle soit, par contre si on me demande je suis prêt à apporter mon aide, mais il faudra que l'essentiel vienne du demandeur ou de la demandeuse. D'autre part, quand tu évoques le bonheur d'être sur l'eau, ce n'est pas le cas le cas pour tout le monde, je me souviens d'une personne qui me faisait part de son incompréhension qu'on puisse éprouver du plaisir à se déplacer sur cette immense étendue monotone...·le 30 nov. 11:48
Lancelot0:Pour nous, il s'agissait de vivre en croisière, aves les enfants. Nous privilégions les courtes navigations suivies de longues escales dans des lieux plaisants (l'aber Ildut, l'ile du Loc'h aux Glénans, le fond du port de Sein, la ville close à Concarneau, Groix, porz Kernok à l'ile de Batzetc) Le bateau était le lieu de vie des enfants, et l'apprentissage de la mer s'est fait tout seul. Surtout ne pas faire de longues navigations par vent fort, pour faire plaisir au chef de bord, mais veiller à ce que les étapes soient raisonnables. Il nous est arrivé de faire exceptionnellement des routes plus longues, mais pour atteindre des lieux plaisants...·le 30 nov. 11:55

Mes deux garçons naviguent avec moi depuis qu'ils ont 7 et 9 ans mais je ne sais pas si ils "accrocheront" réellement ou pas. Même "exposé" très jeune à la navigation ce n'est souvent qu'une minorité qui continue par la suite. Dans notre famille mon père et ses deux frères ont accompagné leurs parents (mes grand-parents) tout gosses (on parle des années 1946-1950), d'abord sur le voilier "fond plat" familial hollandais et ensuite à l'école de voile des glénans quand c'était une structure de...moins de 10 personnes (3 thoniers à Concarneau) juste après guerre. Des 3 il n'y a que mon père qui a accroché. A ma génération, ma soeur et tous mes cousins /cousines ont navigué avec leurs/mes grands parents dès tout petits car il y a toujours eu un voilier familial basé en Bretagne sud, soit 5 personnes. Des 5 je suis le seul qui a accroché, qui possède un bateau, qui navigue régulièrement . Donc "taux de réussite" de 20%...


je ne sais mais autour de moi et presque chaque jours je vois des "apprentis" faire de l'optimiste par exemple du cata et les écoles de voiles font le plein ...

Pour ce qui est de la transition familiale c'est pour ma part raté ..ils ont preféré l'equitation ,l'essentiel c'est d'avoir une passion ..

Sinon perso je pense avoir transmis quelque peu dans le domaine de la plaisance ..


oui, Mon plus grand reprendra le bateau
Yves


Mon fils a baigné dans les constructions de nos voiliers , transat à 1.5 ans puis a 4 ans , après ce fut l école , je reconstruis un 45 p rapide , il me dit si j ai le bac je prend le bateau et je transat avec , et voila avec un équipier de 20 ans il a transaté a 19 ans le 45 p ultra speed , c était en 2003 . Après boulot femme enfant , il vient en famille mais pas souvent
C est aussi pour ça que l on revient en Méditerranée pour les avoir plus souvent à bord


Pierre3:J'ai aussi eu cette période "boulot, femme, enfants & gravats". N'ai quasi pas navigué entre 30 et 50 ans.·le 30 nov. 13:01

Si le fond de la question est de savoir si un père peut transmettre à ses enfants, alors - dans certains cas, au moins - Freud n'est peut-être pas loin, Oedipe, etc. Certains s'éloigneront ou rejetteront la voile simplement parce que c'est le truc de Papa. D'autres voudront faire mieux que Papa, ou différemment.


PierMi:Oui, comme pour tout. Mais je me pose la question du "pourquoi et quand" la greffe n'a pas pris chez certains de mes enfants.·le 30 nov. 13:36

J’ai appris la voile durant des stages en Bretagne, mon père n’avait jamais mis le pied sur un voilier mais il avait envie d’apprendre et il avait acheté un beau 470 tout neuf. Je me rappelle de notre première sortie… il y avait un vent fort, et c’est devenu… un peu compliqué… on est rentré avec le foc seul et la grand voile affalée. Première remarque de mon père : « on a peut être choisi un bateau trop sportif… ». C’est moi qui lui ai appris et au final, lorsque le Mistral décornait les boeufs nous étions les seuls sur l’eau. Une transmission à l’envers…

Avec mes enfants la transmission n’a pas vraiment prise malgré les cours de voile et les navigations estivales, à mon grand regret je n’en ai pas fait des passionnés de voiles.

Mais un nouveau défi s’annonce avec les petits enfants, je m’applique… en espérant trouver chez l’un deux un petit marin qui adorera naviguer avec son papy (avant qu’il ne sucre trop les fraises).


Calypso2:pour mes petits enfants : il avait 5 ans ." papy ne t'inquiete pas lorsque tu seras mort je m'occuperai de ton bateau " il a 19 ans j'ai des doutes ...·le 30 nov. 12:26
captain :Il a dit "lorsque tu seras mort"...alors patience...·le 30 nov. 12:29
Pierre3:Belle histoire celle du 470.·le 30 nov. 13:02
PierMi:pareil, avec mes petits-enfants c'est une chance de plus de transmettre le virus. C'est un bonheur de les voir sur l'eau à la barre de leur coquille de noix jaune. Mais surtout sans déception si ils n'accrochent pas ou décrocheront plus tard. Ils auront leur vie.·le 30 nov. 13:41

Mon fils est accro du bateau, un jour je lui ai dit: "Si tu passes les permis côtier, hauturier et fluvial je te donne les clefs du bateau sans poser de question", j'ai une confiance totale en lui...
Je sais, il me l'a dit, il ne voudra pas que je me sépare du bateau le moment venu ou je ne pourrais plus naviguer. J'espère avoir encore beaucoup de belles d'années devant moi...


Phare du monde

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2022